Menu

Jean-Christophe Cavallin

  • (Seuil, 2025)
    Kong junior
     
    Jean-Christophe Cavallin
    (Seuil, 2025)
    Kong junior
    oui
    Image
    Kong junior

    Lorsqu'il apprend que la Mostra prévoit de rendre hommage au King Kong de 1933, Lorenzo Kiesler y voit un moyen de réhabiliter son illustre grand-père mort dans l'isolement de l'asile de Poveglia, aujourd'hui disparu. Convaincu de son ascendance, il décide de s'y rendre pour venger la mémoire de ce monstre sacré.
    Dans une langue poétique et parfaitement maîtrisée, Kong Junior interroge nos perceptions : entre rêve, folie et projections.

    Né en 1967, Jean-Christophe Cavallin est Docteur en lettres modernes et professeur à Aix-Marseille Université où il est responsable du master « écopoétique et création ». Il a déjà publié plusieurs ouvrages dont Valet noir – Vers une écologie du récit (José Corti, 2021), Nature, berce-le - Culture et trauma (José Corti, 2023) et Pastorales (Wildproject, 2024) avec Violaine Bérot et Florence Debove. Kong junior est son premier roman pour lequel il a reçu le Prix du premier roman 2025.

    non
    Image
    Nature, berce-le
    Nature, berce-le - Culture et trauma
    (José Corti, 2023)

    Plus d'infos

    Pourquoi nos lieux de culture n’ont-ils pas la culture des lieux ? Pourquoi, les pieds sur terre, nous sommes dans la lune ?

    Confrontant la pensée et l’action de Malraux aux souvenirs fragmentaires d’un traumatisme infantile, Nature, berce-le défend l’hypothèse que la culture occidentale offre tous les caractères d’une formation de défense. Érigée contre la vie en tant que milieu et pulsion, cette culture vide les lieux. Elle fragilise nos inscriptions, détruit nos appartenances. Saisie dans l’hallucination du « musée imaginaire », son tableau clinique est post-traumatique : intellectualisation excessive, sacrifice du vivant au profit de la connaissance, sécurisation maniaque de la relation au monde.

    Si la crainte de l’effondrement nous travaille avec tant de force, c’est que cette crainte cache une attirance : quelque chose en nous veut savoir quel afflux d’énergie vitale libèrerait la chute des fortifications qui blindent notre absence aux corps et aux lieux que nous habitons.

    non
    Image
    Valet noir
    Valet noir - Vers une écologie du récit
    (José Corti, 2021)

    Plus d'infos

    C’est aux abords de la nuit que les hommes racontent des histoires. Des Guayaki de Pierre Clastres au chanvreur de George Sand et de Shéhérazade aux parents d’aujourd’hui, il existe un lien atavique entre l’usage du récit et la peur d’un univers livré aux puissances nocturnes. Ou plutôt : il existait. La domestication du monde a fini par dispenser l’imagination des hommes d’opérer la catharsis de l’effroi des lieux qu’ils habitent. Affranchie de son ancien rôle, la littérature ne célèbre plus que son propre office.

    Mais voilà que le monde change. Voilà qu’un nouveau contexte – hostile, inhospitalier – fissure nos systèmes de climatisation. Les désordres climatiques nous remplissent de terreur, l’agonie de la vie sauvage nous accable de pitié. Nous pleurons pour la planète et tremblons pour le futur. Ce nouveau sentiment tragique invite la littérature à sortir de sa réserve et à reprendre du service. Court-circuiter le réel n’est plus une solution. Licencier l’imaginaire n’est plus une solution. La hantise du contexte travaille de nouveau sous le plaisir du texte. L’économie de la fiction se réouvre aux cycles longs d’une écologie du récit.

Ses rencontres